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SCHMALLENBERG VIRUS

Dans le cadre d’investigations relatives à des diarrhées fébriles chez des ruminants, le laboratoire de référence allemand Friedrich-Loeffler-Institut (FLI) a identifié en novembre 2011 un nouvel orthobunyavirus, nommé Schmallenberg virus ou SBV (en référence à une ville proche des foyers, située à 80 Km au sud-est de Dortmund).

Cet orthobunyavirus affecte les ruminants. L’infection aiguë semble se manifester chez les ruminants adultes (bovins, ovins, caprins) par une hyperthermie, une perte d’appétit, une chute de production chez les vaches laitières, de la diarrhée, des avortements. L’infection des femelles gestantes peut se traduire par la naissance d’animaux malformés (arthrogrypose, raccourcissement des tendons du jarret, déformation de la mâchoire, hydranencéphalie, …).

Des orthobunyavirus sont présents en Afrique, en Asie, en Australie et en Israël et affectent les ruminants, les chevaux et les chiens. Ces virus ne sont pas considérés comme zoonotiques. Ces virus pourraient aussi être transmis par des moustiques (Aedes ou Culex) ou des tiques.

Le virus SBV n’est pas contagieux d’un animal à l’autre mais est transmis par des insectes vecteurs (culicoïdes).

Cette affection n’est actuellement visée par aucune réglementation communautaire ou internationale. Toutefois, compte tenu de son caractère émergent, les pays touchés ont pris l’initiative d’en informer la Commission européenne et l’OIE. Ces notifications ont entraîné à ce stade un nombre limité de fermeture de marchés à l’exportation (animaux vivants et semence).


Situation en Europe et en France (début février 2012)

La France est le 5ème pays contaminé.

L’Allemagne, où le virus a été identifié en novembre 2011, a déclaré à ce jour 186 foyers dont 172 en élevages ovins, suivie des Pays-Bas (environ 100 cas), la Belgique (70 cas) et l’Angleterre (4 cas).

Pour la France, dans un communiqué de presse daté du 1er février 2012, le ministre de l’agriculture Bruno Lemaire demande que les « experts soient mobilisés pour la mise au point d’un vaccin et d’un test sérologique de diagnostic ».
Il confirme seize foyers supplémentaires d’infection par le virus de Schmallenberg.
Cela porte à 29 le nombre d’exploitations touchées en France et à dix le nombre de départements concernés soit 4 départements supplémentaires du Nord et de l’Est de France (signalés en rouge ci-dessous) :

  • D’une part à l’Est, en Meuse (55), en Meurthe-et-Moselle (54), en Moselle (57) et en Haute Marne (52),
  • D’autre part au Nord et au Nord-Ouest, dans le Pas-de-Calais (62), la Somme (80), l’Oise (60), l’Aisne (02), la Seine-Maritime (76) et le Calvados (14).

En France, le virus n’a été confirmé pour le moment que chez des ovins.
Cette émergence d’un nouveau virus pathogène jusqu’alors inconnu est l’occasion pour la nouvelle

« Plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale » issue des états généraux du sanitaire de démontrer sa réactivité et son intérêt.

La contamination remonterait à l’été 2011, aussi cette situation est dynamique et sera évolutive, à l’instar de la FCO, les scénarios étant semblables.


Rappel et recommandations aux éleveurs

Elles ont été rappelées par l’administration dans une note de la DGAL du 23/01/2012 :

La réglementation en vigueur interdit le mouvement d’animaux malades, ainsi que la collecte de leur semence et la mise à la consommation de leurs viandes et de leur lait.

Par ailleurs, il est conseillé aux éleveurs de ruminants dont les animaux présentent une hyperthermie, une perte d’appétit, une chute de production chez les vaches laitières, ou brebis, de la diarrhée, des avortements, ou dont les nouveaux-nés présentent des malformations, d’isoler les animaux malades à l’intérieur du bâtiment d’élevage, si possible dans un local d’infirmerie ou de quarantaine, et de contacter leur vétérinaire dans le cadre de la surveillance clinique mise en place.


Diagnostic

Le Laboratoire de santé animale de l’ANSES à Maisons-Alfort (LSAn) est le seul laboratoire français en capacité de réaliser le diagnostic de l’infection (par Rt-PCR) et le mettra en œuvre pour toutes les suspicions déclarées.


Prévention :

Cette apparition d’une nouvelle maladie des ruminants confirme que, comme la plupart des derniers virus apparus en Europe, il trouve son origine en Afrique (et quelque fois en Asie) et est transmis par des insectes piqueurs.

Il n’existe pas de vaccin actuellement.

Dans ce cadre, les mesures préventives à envisager seront essentiellement hygiéniques :

- spécifiques grâce aux antiparasitaires externes (APE) sur les animaux ou dans les bâtiments (cf la revue Référence de mai 2011, pages 15/18, et le tableau ci-dessous des nouveaux temps d’attente)


TABLEAU. Temps d’attente des pour-on de pyréthrinoïdes

* Source : RCP ou Anses-ANMV.

- Comme il s’agit d’une maladie virale émergente, la prévention sera optimisée par l’usage régulier de désinfectants au niveau des bâtiments, par exemple le Terseptyl plus, virucide à la dose de 12,5 ml/L. d’eau, à pulvériser à raison de 0,3L. /m2.

- Ces mesures peuvent être complétées par la mise en place de pédiluves pour les visiteurs à l’entrée de l’élevage et de chaque bâtiment avec le même désinfectant.

Pierre Guillemot

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